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Le 6 Juin 1915, l'enlèvement par nos troupes de la Ferme de Quennevières faisait renaître un nouvel espoir de délivrance, malheureusement vite déçu et la morne vie de l'occupation reprenait sans entamer cependant la certitude de la population dans la victoire finale. En Novembre 1916 plus de 200 de nos concitoyens, la plupart âgés de 50 à 65 ans, furent enlevés en plein hiver, dans un but fallacieux de représailles, au bagne de Sissonne, où le manque de nourriture, le froid intense et les mauvais traitements ne tardèrent pas à décimer leurs rangs.

Cependant les bombardements de l'aviation alliée sur notre ville devenaient de plus en plus fréquents pour finir par être presque quotidiens pendant le dur hiver du début de 1917, sans obtenir d'ailleurs, de résultats militaires appréciables, mais démolissant un certain nombre de maisons et atteignant de nombreux civils.

L'EVACUATION & LE DYNAMITAGE DE LA VILLE
La bataille de la Somme dans l'Eté 1916 avait sérieusement ébranlé le front allemand et dès le mois d'Octobre, après avoir razzié des civils belges et français et amené de nombreux prisonniers russes,

les Allemands entreprenaient dans les environs de La Fère et de Saint-Gobain, la création d'une ligne complète d'ouvrages fortifiés (ligne Hindenbourg) pour s'y replier au Printemps suivant.
Le 18 Février 1917, après un préavis de quelques heures seulement, le premier train d'évacuation emmenait vers la frontière belge, avec quelques bagages à main (environ 30 kilos par personne), nos concitoyens valides.


Les départs se succédaient très rapidement, séparant souvent de force les familles et quelques jours plus tard, il ne restait plus dans notre ville que les femmes avec des enfants en bas âge, les personnes âgées de plus de 60 ans et les grands malades que les Allemands n'avaient pas emmenés.

Tous furent parqués dans le Faubourg du Brouage, transformé en un véritable camp de concentration et assistèrent terrorisés à la destruction systématique de la ville qui fut conduite avec une barbarie raffinée : d'abord le pillage complet et méthodique des maisons vidées de tous les objets qui avaient pu plaire aux envahisseurs, ensuite le dynamitage rue par rue, maison par maison, puis l'incendie de tout ce qui n'avait pas sauté.

Au bout de quinze jours de cette destruction systématique, notre malheureuse cité, bien qu'encore loin du front de bataille, n'était plus qu'un vaste champ de ruines, ce qui faisait écrire à un témoin de cette barbarie «Chauny n'est plus... Chauny est une ville assassiné».


MARS 1917
Le 19 Mars 1917, les premiers éléments français (des Spahis) qui suivaient pas à pas les Allemands en retraite pénétrèrent dans le faubourg du Brouage, acclamés par les femmes, les vieillards et les enfants pâlis et amaigris par trois semaines d'une vie d'épouvante. Et presque immédiatement, l'artillerie allemande, installée sur les buttes de Rouy, ouvrait le feu sur cette malheureuse population civile que l'ennemi lui-même avait concentrée et abandonnée dans ce quartier.

De nombreuses victimes des privations et du bombardement durent être inhumés à la hâte dans un petit cimetière au bas de la rue Ganton (à l'emplacement actuel de l'Ecole Maternelle).

Une plaque de marbre apposée par la Municipalité en rappelle d'ailleurs le souvenir.



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